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5 séries emblématiques sur l’adolescence et le lycée

By on 7 octobre 2016

Quand on sait que le public ado a été l’un des premiers gros consommateurs de séries, il est étonnant de constater que les séries sur l’adolescence soient parfois si mal considérées… Pourtant le thème est vaste et suffisamment riche pour donner lieu à de petits bijoux tels qu’Angela, 15 ans.

Les séries sur l’adolescence et le lycée composent un genre à part entière, avec ses codes, ses stars, et ses clichés. L’une des pionnières du genre a été l’indigeste Beverly Hills que nous avons pratiquement tous regardé (oui vous derrière, ne vous cachez pas !). Ici l’adolescent moyen est riche, blanc, va dans un lycée privé avec ses petits copains friqués, et roule en décapotable. Et bien sûr, les personnages sont tous joués par des acteurs de 20 à 25 ans. Vaguement divertissant, mais pour l’identification il faudra repasser.

En France, à peu près à la même époque, on a eu droit à une flopée de séries insipides : Le miel et les abeilles, Hélène et les garçons, Premiers baisers, La philo selon Philippe… Là encore, des acteurs pas crédibles (trop âgés et trop « lisses »), et des préoccupations bien éloignées du quotidien réel des ados.

La fin des années 90 marque un tournant avec l’arrivée de la série phénomène Dawson, et son cortège de dialogues ronflants. Ici l’ado est un brin plus crédible mais trop cérébral, et passe 90% de ses journées à philosopher sur le sens de la vie. Malgré tout, c’est un grand pas en avant : avec Dawson, les séries teenagers gagnent en crédibilité et s’installent plus confortablement dans le paysage télévisuel.

Quel que soit son traitement, le sujet est forcément un peu casse-gueule ; l’adolescence est une période délicate, difficile à traduire avec justesse. À parler d’un âge qui n’est plus le leur, et à vouloir faire ressentir des sentiments qui ne sont plus que de vagues souvenirs, beaucoup de réalisateurs passent à côté de leur sujet, et donc de leur public. Du coup, quels sont les séries réussies ou remarquables sur le sujet ?

Hartley, cœurs à vif (1994)

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Malgré le titre super nunuche, Hartley était une bonne série, probablement l’une des premières à réellement « parler » aux ados. Le genre de bonne série qui me faisait courir à la sortie du collège, pour ne pas rater le dernier épisode. Je me revois assise par terre avec ma sœur devant notre vieille TV en noir et blanc… L’image était atroce, mais je préférais saigner des yeux que de louper un épisode. series-ados_anita-et-drazic-hartley

Hartley, du nom du lycée où se passe l’action, met en scène une génération d’ados plutôt « normaux », où tous les genres se côtoient. Looks travaillés, langage réaliste, profs désabusés, l’ambiance lycée est plutôt bien rendue. Fort de son succès, la série va voir défiler plusieurs générations de lycéens ; chaque saison apporte donc de nouveaux personnages et de nouvelles problématiques. Contrairement à beaucoup de séries adolescentes, Hartley ne cherchait pas la surenchère et proposait des sujets réalistes : problèmes d’argent, amourettes, soucis d’orientation, parent absent, proche handicapé… Bien sûr, ma critique se base sur des souvenirs, la série a probablement mal vieilli, mais à l’époque, à travers mes yeux d’ados, elle me semblait foutrement crédible. Exception faite de la maturité de certains acteurs (me dites pas que le mec qui jouait Nick avait 17 ans sur cette photo !). Enfin, la série a vu naître un couple phare, qui restera dans nos cœurs pour toujours : Anita et Drazik. Les jeunes d’aujourd’hui pourront difficilement comprendre, mais Anita et Drazik, c’était les Blair et Chuck des années 90, okay ? (Paye tes références…)

Freaks and Geeks (1999)

Photo by Chris Haston / NBC

Photo by Chris Haston / NBC

Un peu comme Angela, 15 ans, Freaks and Geeks fait partie des premières séries à essayer de coller au plus près au quotidien des adolescents de la classe moyenne américaine. J’en ai déjà parlé ici, cette série a été mon coup de cœur de cet été. Malgré quelques situations ubuesques, on sent un vrai souci du réalisme. Les ados ne semblent pas sortis d’un catalogue de mode (l’héroïne porte d’ailleurs la même veste à chaque épisode), ils ont des problèmes d’argent, sont mal dans leur peau, et se questionnent sans arrêt sur leur place au sein du système social lycéen. On voit apparaître ici une problématique qui sera régulièrement reprise par d’autres séries par la suite : la lutte impitoyable entre les nerds, les outsiders et les populaires. Tendre, drôle et nostalgique, la série est devenue iconique, d’autant qu’elle a révélé quantité d’acteurs tels que Seth Rogen ou le ténébreux James Franco. Dommage, il n’y a qu’une saison à regarder, et ça passe vite.

Skins (2007)

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À sa diffusion, Skins créé une véritable petite révolution. Qu’est-ce donc, de vrais ados qui parlent mal, boivent, baisent, se droguent et refont le monde ? Skins est un OVNI, une pépite irrévérencieuse venue tout droit de Grande-Bretagne. C’est frais, nerveux, et follement grisant. Malgré leurs problèmes, on a envie de faire partie de cette bande d’ados, de traîner avec eux, d’être aussi vivants et débauchés qu’eux. Il y a beaucoup de force mais aussi de poésie dans cette série, comme ce magnifique final de la saison 1 sur l’air de Wild World (voir plus bas). Certes, la série explore les excès de l’adolescence (drogue, sexe, dépression, anorexie…) dans lesquels il est parfois difficile de se reconnaître. Mais n’est-ce pas le propre de d’adolescence ? Une période d’excès, où chaque émotion est exacerbée et semble ne jamais vouloir s’effacer ?… D’ailleurs, les soirées totalement déjantées montrées dans la séries sont devenues un véritable phénomène de mode, et tous les fêtards du monde ont soudain voulu organiser leur propre « Skins Party » ; une soirée à l’arrache, si possible dans un lieu désaffecté, avec quantité d’alcool (et de drogues, ne soyons pas naïfs), et un seul mot d’ordre : « no limit ». Volontairement provocante, la série trace donc des portraits d’ados excessifs mais touchants. Face à eux, les adultes existent à peine : figures caricaturées ou à peine esquissées, dépassées par leur progéniture, ils n’apparaissent que pour donner un cadre aux débordements.  S’il est plutôt difficile de s’identifier aux situations, Skins n’en reste pas moins une excellente série, qui mérite d’être vue. Pour ne pas tomber dans la routine, la série renouvelle régulièrement son casting. Perso, je n’ai visionné que les trois premières saisons, et je viens de m’apercevoir qu’il en existe sept. Pauvre de moi.

Attention aux spoilers si vous visionnez la vidéo…

Glee (2009)

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J’ai choisi cette série car elle représente pour moi un certain renouveau du genre. Pas un renouveau révolutionnaire, mais un renouveau quand même. D’abord, elle marque le grand retour des séries musicales, quelques années après l’horripilant Un, Dos, Tres. Mais surtout, Glee est une série qui se moque d’elle-même avec beaucoup de talent.

À première vue, Glee est une série sur le lycée assez classique. Tout commence avec le club de chorale (Glee Club), sorte d’antre de la lose, et leur nouveau prof de chant plein d’ambitions, qui découvre un talent parmi les sportifs, et trouve un moyen de le forcer à rejoindre le club. Au final, c’est toute une bande d’élèves populaires qui se retrouve coincée à chanter avec les freaks du lycée. L’humour de cette série fonctionne grâce à une série de ressorts et d’antagonismes parfaitement huilés. Les losers d’un côté, les populaires de l’autre. Et contrairement aux autres séries où les adultes sont justement ceux qui ont su dépasser ce clivage adolescent, ici les mêmes drames se jouent en salle des profs. Will incarne l’idéalisme et le romantisme de la jeunesse, tandis qu’Emma porte à elle seule tous les complexes et la maladresse des ados. Face à ces figures adulescentes, l’impitoyable Sue Sylvestre est l’archétype de l’oppresseur bête et méchant. Vomissant ses diatribes avec un cynisme sans égal, elle est à la fois surprenante et très prévisible. Prévisible parce qu’elle s’oppose systématiquement à Will et aux initiatives du Glee Club. Surprenante parce qu’elle porte en elle toutes les contradictions de la société américaine. Vieille fille pragmatique, ultra libérale, exécrant la faiblesse mais tendre avec les trisomiques, sexuellement indéfinie malgré de courtes intrigues amoureuses, elle finira par se marier à elle-même en jogging de cérémonie. Si la série semble parfois se prendre au sérieux, notamment durant les numéros de chant, elle prend régulièrement le public à contre-pied en se moquant d’elle-même. Comme cette intro totalement loufoque où l’on découvre que tout le monde se fiche éperdument de l’héroïne asiatique, ou ce moment où les musiciens de la chorale signalent qu’ils en ont marre d’être traités comme de la merde. Par ailleurs, la série innove par un style qui lui est propre : couleurs survitaminées, esthétique pop, rythme effréné, abus des voix off, etc. Malgré cette légèreté ambiante, elle ose aborder de front des thèmes difficiles (handicap, homophobie, violence, etc.), avec plus ou moins de justesse. Portée par de bonnes audiences, la série a fait six saisons, renouvelant une partie de son casting au début de la saison 4, pour correspondre à l’évolution des personnages (départ à la fac). Et comme beaucoup de séries, elle aurait du s’arrêter avant. Les dernières saisons sont tout juste regardables.

My mad fat diary (2013)

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Disons-le sans détour, cette série est la n°1 de cette sélection dans mon petit cœur palpitant. Elle a été traduite en français par Journal d’une ado hors norme, mais je préfère l’appellation originale. Originaire d’outre-manche, cette série joue sur la nostalgie en nous plaçant dans une époque qui semble à la fois si proche et si lointaine : les années 90. Les ados vivent dans une petite ville, ont des jeans déchirés, un blouson en cuir, du bon rock dans les oreilles, et passent leurs soirées au pub du coin.

Cette série aborde tous les sujets classiques du genre : l’intégration sociale, le rapport au corps, l’importance de l’amitié… L’originalité vient d’abord du personnage central, bien loin des standards : Rachel (dit Rae) est obèse, et sort d’hôpital psychiatrique au début de la série. Elle souffre de plusieurs troubles psychologiques handicapants, dont des troubles alimentaires. Un sujet difficile, mais superbement traité, et soutenu par des acteurs crédibles. Toute la narration de la série est faite par Rae. C’est sa vision, son univers que nous explorons. J’ai d’ailleurs appris que la série est librement inspirée d’un journal intime du même nom, publié en 2007. Ce qui marque par dessus tout, c’est la force et le courage du personnage central, sa bataille pour s’accepter elle-même, et pour accepter l’amour des autres. Comme le disait si bien la critique parue sur MadMoizelle, Rae, c’est comme une amie intime qui viendrait nous faire un énorme câlin, et panser nos blessures adolescentes. Rae est universelle, elle est l’archétype de l’adolescent maltraité (par les autres et par soi-même) qui dépasse sa propre souffrance pour s’ouvrir au monde. Et ça fait vraiment du bien à regarder.

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I'm the evil side of myself. Blogueuse et photographe dilettante. Dévoreuse de séries TV. De confession Jedi. À l'ouest la plupart du temps... Suivez-moi sur Twitter je ne mords pas @jedisvague

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