Souvenirs du Japon

Himeji Castle, le Héron Blanc

By on 26 février 2018

Chaque pays possède son lot de monuments réputés incontournables. Au Japon, le château d’Himeji, aussi connu sous le nom de Château Shirasagi (Château du Héron blanc), fait partie de ces lieux empreints d’une telle aura qu’il semble difficile de passer à côté. Château médiéval classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1993, c’est aussi l’un des douze derniers châteaux en bois du Japon, et probablement le mieux conservé. Il a servi de décor grandeur nature à plusieurs films – dont un James Bond, On ne vit que deux fois (1967).

La structure a connu d’importantes rénovations entre 2010 et sa ré-ouverture au public en 2015. Nous l’avons donc visité un an après la fin des travaux. On peut l’admirer de l’extérieur du parc attenant, cependant il faut débourser la modeste somme de 1000 yens (soit environ 7,5€) pour le visiter. Pour préserver cet édifice historique, le nombre de visiteurs est limité à 15 000 par jour.

Crédit photo : M. (Paris)

Notre visite débute dans la fraîcheur d’un matin d’avril, où nous profitons d’un ciel partiellement dégagé. La vue depuis l’extérieur du parc est simplement magnifique. Entre les cerisiers en fleur et les barques en bois traditionnelles, on se croirait dans un tableau. Malgré l’heure matinale, une foule compacte se presse déjà sur le pont en direction du parc. Mais après deux semaines au Japon, j’ai eu le temps de soigner mes tendances agoraphobes…

Le parc arboré manque un peu de verdure à mon goût. Comme partout à cette saison, on retrouve des bâches bleues disposées sous les arbres, permettant aux visiteurs de s’asseoir pour apprécier les cerisiers en fleur (cette activité bucolique est souvent suivie d’un apéro très alcoolisé, d’où l’intérêt de la bâche…). Au Japon, cette coutume porte le nom d’hanami. C’est un véritable pèlerinage annuel pour les japonais. Mais pourquoi, POURQUOI DIANTRE utiliser des bâches aussi moches ? Je ne comprends pas. (Cette question m’a torturée durant tout le séjour.)

Pour revenir aux cerisiers, nous avons la chance d’arriver en pleine fleuraison. C’est un spectacle dont on ne se lasse pas… Les branches sombres forment un contraste saisissant avec ces millions de fleurs pâles, aussi belles qu’éphémères.

Crédit photo : M. (Paris)

Nous avons à peine le temps de profiter du paysage que le ciel se couvre de gros nuages, ce qui me fait pousser quelques jurons (quasiment toutes mes photos seront ratées ce jour-là, d’où le noir et blanc…).

Passé le guichet d’accueil, débute une interminable file qui serpente sur le chemin jusqu’au château. Nous sommes en pleine saison touristique, ce n’est donc pas vraiment une surprise. Cette attente nous permet tout de même de profiter de la magie des lieux. On dispose d’un point de vue unique sur le château, ses murs immaculés, ses nombreux toits et moulures. C’est à couper le souffle.

Peu à peu, le chemin se réduit et le piétinement s’accentue. En se rapprochant, on aperçoit de mieux en mieux le château et ses multiples toitures élégantes. C’est drôle quand on y pense. Je n’y connais strictement rien en architecture, et pourtant mon amour pour le Japon est en grande partie nourri par ce patrimoine à nul autre semblable.

Mes souvenirs ne sont plus très précis, mais il me semble qu’on accède à un premier point de vue sur la ville avant d’entrer réellement dans le château.

Le sentier nous emmène enfin aux portes du château, et nous pénétrons dans un sas destiné à se déchausser. Une fois nos chaussures emballées dans un sac plastique, nous avons le plaisir de fouler le parquet patiné par le temps. L’intérieur boisé est magnifique. Le problème, c’est qu’on ne voit rien d’autre que du bois. Le rez-de-chaussée est un espace vide, tout juste décoré de quelques lampes.

Nous progressons doucement en direction du 1er étage. Sur le chemin, nous croisons quand même une maquette du château – en bois bien entendu.

A ce moment-là, il me semble impensable qu’un si beau château ne dispose pas de quelques reliques d’époque, armes ou estampes, ou de quelques panneaux retraçant l’histoire des lieux. Quelques jours plus tôt, nous avions visité le château d’Hiroshima, qui est un véritable musée. D’où ma déception…

Mais chaque étage s’avère aussi vide que le précédent. Nous accédons au dernier palier par un escalier escarpé, et les guides nous font passer par petits groupes. Le dernier étage, point d’orgue du circuit, permet d’avoir un point de vue unique sur les alentours. Sauf que toutes les fenêtres ont été grillagées pour éviter les incidents.

À ce stade, la foule ne forme qu’un corps immense, quelque peu étouffant. Les visiteurs sont massés contre les fenêtres, espérant profiter de la vue avant d’être poussés vers l’avant. Heureusement par endroit, le grillage a été amoché par quelque touriste indélicat. Tout le monde en profite pour glisser son objectif dans l’interstice et prendre quelques photos. Et voilà, la visite est presque terminée, direction la sortie.

Crédit photo : M. (Paris)

Étrangement, la fin de la promenade est plus agréable. La foule est plus éparse, et chacun avance à son rythme. On peut s’attarder sur des détails, se poser près d’une fenêtre, et même faire de petites glissades en chaussettes sur les parquets.

Une fois rechaussés, nous parvenons à l’arrière du château, à côté de quelques cerisiers plus maigres que leurs confrères du parc. La visite a duré environ 3h. Il nous reste du temps à tuer, alors on prend quelques dernières photos. On s’attarde, on traîne, on sait que c’est la fin. Dans moins de 48h nous serons dans l’avion du retour…

La silhouette du château d’Himeji découpée dans le ciel blanc reste l’une des images les plus iconiques de mon voyage au Japon. Sa beauté fascine autant qu’elle nous écrase. Mais sa visite brise un peu le charme, et son intérieur est triste comme cette journée nuageuse, comme mes photos ratées.

 

Note : Comme vous avez pu le constater, certaines photos ne sont pas de moi. Pour les besoins de cet article, j’ai utilisé quelques photos d’un de mes compagnons de voyage. Les clichés concernés sont crédités.

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