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Les (mauvaises) séries françaises

By on 22 mai 2016

Je suis une série-addict. Une vraie. J’essaie de me tenir au courant des nouveautés, actualités, et j’ai généralement une vingtaine de séries sur le feu en même temps, débutées ou bien entamées. Et comme beaucoup, mes sélections se limitent aux séries américaines et britanniques.

Je sais que les séries françaises ne se résument pas à Plus belle la vie et Joséphine, ange gardien. Mais rien n’y fait. Quand je visionne par accident hasard une série française, j’ai toujours cette impression de regarder un vieux vaudeville. Les acteurs surjouent, les ficelles sont si grosses qu’on dirait des poteaux, et les clichés horribles s’enchainent à une vitesse hallucinante.

Les scénaristes et producteurs français ont un train de retard. Et manquent cruellement d’imagination. On voudrait de l’héroïque comme dans Game of Thrones, des intrigues politiques à la House of Cards, des retournements de situation à la Homeland… et on nous sert Marseille. Seriously ? Il s’est passé quoi ? Tout l’argent est parti dans le cachet de Gégé et il n’y avait plus un radis pour les scénaristes ? Pourtant, ça démarrait bien. Une belle scène d’intro, un générique bien ficelé avec son jeu de perspectives, d’ombres et de lumières…

Mais reprenons du début (je vous préviens, il y aura des mini spoilers des quatre premiers épisodes).

Ah Marseille… Son vieux port, ses boulevards encombrés ensoleillés, la ville qui fait rêver les gens qui n’y sont jamais allés.

Marseille

Tu sais ce que tu fous là ? – Non. – Moi non plus.

Pour commencer, le maire de Marseille s’appelle Robert Taro. TARO. Il aurait pu s’appeler Gérard PASTIS. Ou Marcel TU-TIRES-OU-TU-POINTES.

Comme dans tout nanar qui se respecte, il y a des situations invraisemblables, comme celle ou Mme la Juge, juste avant un rendez-vous méga important, se tape un petit jogging au milieu de nul part – alors que sa réunion est en plein centre de Marseille et que Gégé doit traverser les embouteillages pour rejoindre la-dite réunion. Bien entendu, elle tombe sur deux gros bras à la mine patibulaire qui lui font rater sa réunion, avant de la balancer comme un sac de fientes dans un précipice. C’est marrant, cette scène m’a fait penser à la chute du mec dans 300. Vous savez : « This is Spartaaaa ! »

Il y a aussi ce moment où la femme de Taro va interroger son docteur et ami, espérant lui tirer les vers du nez concernant l’état de santé de son mari. Et apprend que c’est elle qui est malade, une saloperie dégénérative qui va la paralyser progressivement. La pauvre femme est en émoi, forcément. Pourtant, on voit une radio de sa main dans la scène. Donc, soit on l’a endormie et kidnappée pour lui faire passer des examens avant de la remettre dans son lit. Soit elle savait qu’elle avait un problème, elle a fait des analyses, et n’est jamais revenue chercher ses résultats. Et ça n’a VRAIMENT aucun sens quand on sait l’importance qu’elle attache à ses mains (elle est musicienne).

Et puis il y a des ralentis mal utilisés. Des bad boys pas crédibles pour un sous. En fait, dans cette série, tout semble lourd, mal placé, mal employé.

Benoît Magimel par exemple, que j’avais apprécié dans Les petits mouchoirs, semble ne pas savoir où il a mis les pieds. Ou il joue très mal, ou il n’en a rien à foutre. Bouche en cul de poule, mèche blonde dégueulasse, yeux plissés en permanence pour donner l’air constipé conspirateur… Même son accent marseillais (qui apparaît et disparaît de façon sporadique) semble sorti de chez Lidl.

La Présidente du Conseil Général, avec son chignon bombé, ses habits stricts et sa démarche chaloupée, ressemble à s’y méprendre une méchante reine de chez Disney. Il lui manque juste le manteau en peau de bébés dalmatiens.

Marseille

A votre avis la dame en noir, elle est gentille ou méchante les enfants ?

Et les dialogues… on en parle ? Cette série est un florilège de punchlines tout droit sorties d’un mauvais porno.

– « Dis-moi Vanessa… à part ma queue qu’est-ce que tu veux ? »

Toute en finesse je vous disais… A vouloir placer des allusions sexuelles crues partout pour remplir le quota « HBO » de toute série moderne qui se respecte, ça frise franchement le ridicule. Il y a même un Tumblr qui recense les meilleures répliques : marseillelaserie.tumblr.com. C’est savoureux.

Puis il y a ce dialogue surréaliste, comme si le scénariste avait eu un sursaut de conscience, et tenté de faire passer un message subliminal.

– Puceau « Je connais ce type »
– Blaireau « Ouais c’est un toxico »
– Puceau « En tout cas il part bien vite le filou il a un truc à cacher »
– Blaireau « Alors toi t’es à moitié con, et c’est pas la bonne moitié qui te reste… Je viens de lui vendre de la coke wesh, t’es con ? »

En effet, quand on vient d’acheter de la coke en pleine rue, vaut mieux éviter de taper la causette OKLM (comme disent les jeunes). On nage en plein délire…

Je ne sais pas si les acteurs n’étaient pas inspirés par ces fabuleux dialogues, mais certains ont l’air de découvrir leur texte pour la première fois. Dans l’épisode 3, on entend ainsi le « va te faire foutre » le moins convainquant de toute l’histoire de la télévision.

Dernier détail (mais non des moindres), le tout est servi avec une musique mélodramatique digne des meilleurs épisodes de Derrick et des voix off abominables, accentuant ainsi le côté cheap de la production, qui a pourtant dû coûter bonbon.

Alors, si ni les acteurs, ni les dialogues ni le scénario ne semblent convaincants, il reste quoi ? D’abord quelques belles images de la ville de Marseille. Ensuite, on peut saluer l’audace de la production qui a choisi de faire directement référence à l’actualité politique. Ainsi, Taro met à jour une malversation au sein de son parti, l’UPM : de fausses factures de meetings lors des dernières élections présidentielles… ça vous rappelle quelque chose ? Non, bon tant pis. Enfin, pour les petits coquinous, il y a des boobs à l’air dans chaque épisode (je me demande même si la fille de Taro et sa copine ne sont pas là que pour ça…).

Peut-être qu’un public habitué à TF1 moins exigeant se satisfera de cette série. Moi, j’aimerai bien un jour regarder une série française, et me dire que l’ensemble de l’équipe a donné son maximum pour produire une fiction crédible, soignée, et intéressante. Je ne tape pas sur Marseille par plaisir, mais par frustration. Cela fait maintenant quelques années que les productions françaises cherchent à relever le niveau, devant l’engouement général pour le format série. On commence à voir des apparaître des choses sympas sur nos écrans. J’étais d’autant plus déçue en découvrant que la 1ère super production française pour Netflix était à ce point à côté de la plaque.

On nous avait vendu un House of Cards à la française, une incursion dans le monde impitoyable de la politique, et on se retrouve avec un soap familial affligeant. Triste image de la production télévisuelle française, surtout sur une plateforme aussi connue que Netflix.

Comme quoi, avoir un personnage qui s’appelle Tarot n’en fait pas forcément un atout.

(Cette blague sent le pastis.)

Pour info, je me suis quand même tapé les 4 premiers épisodes avant d’écrire cet article.

Note : Toutes les séries françaises ne sont pas nulles. Il y a même des exceptions notables, comme Kaamelott. J’ai aussi entendu beaucoup de bien des productions Canal+, même si je n’ai jamais eu l’occasion de m’y attarder.

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2 Comments
  1. Répondre

    Edeltrude

    7 août 2016

    Totalement d’accord avec toi !!!!!! Un ratage un poil scandaleux tellement c’est un ratage !!!
    Pour le côté série canal, si tu as du temps et que tu cherches des séries sympathiques, je te conseilles Baron noir et Le bureau des légendes ! Pour une fois des séries style Homeland, et autres, mais à la sauce française, mais qui tient en haleine !! Super article et super blog !!

    • Répondre

      petite-vague

      17 août 2016

      Merci beaucoup !!! Je fais de mon mieux, ravie de voir que ça te plaît 🙂
      Oui, non seulement c’est un plantage complet, mais Netflix persiste et signe avec une saison 2… Pour les bonnes séries françaises, je suis preneuse ! Je vais d’ailleurs suivre tes conseils et attaquer Baron noir, dès que j’en aurai terminé avec Preacher.

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Petite vague
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