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Love : la trentaine désabusée

By on 12 mai 2016

Love, diffusée sur Netflix, n’est pas la première série à parler de ces nouveaux trentenaires désabusés, coincés entre leurs envies égoïstes, les inévitables responsabilités de l’âge, et cet idéal de vie « adulte » qui semble fuir à leur approche. Girls, ou plus récemment Master of None, ont déjà exploré ce créneau avec plus ou moins de succès. Alors, Love, est-ce que ça vaut le coup d’œil ?

Cette série suit en parallèle les parcours chaotiques de Mickey et Rust, deux personnages qui vivent une rupture difficile. Leurs chemins se croisent, mais chacun vit les événements à son rythme, parfois en écho, parfois en dissonance. L’un se relève quand l’autre chute.

Les protagonistes ont en commun cet individualisme exacerbé qui semble aller de paire avec le self branding, ce marketing de soi popularisé par les réseaux sociaux. On se texte, on s’affiche, on dévoile ce que l’on veut bien dévoiler. Entre ces brefs moments d’éclat, on se traîne, on vit à moitié, déconnecté des autres. Les personnages sont tout à la fois touchants, et profondément agaçants.

Il plane comme un air de défaite sur cette série. Love nous parle d’amour, mais nous parle surtout d’une génération vouée à la désillusion, où les instants de joie côtoient sans cesse un profond mal-être. Le monde professionnel, loin d’être un lieu d’accomplissement personnel, est un espace non sécurisé, et la précarité n’est jamais bien loin.

Love-Netflix-1

Comme dans Girls, l’amour est un objet distant, complexe, et déprimant à souhait. Le sexe lui, sous son aura de paillettes, s’avère décevant, et parfois glauque. On couche sans envie, on subit plus qu’on ne désire. Le sexe 3.0 ne fait pas vraiment rêver.

Cette série n’est pas sans intérêt, mais elle ne plaira pas à tout le monde. En fait, si vous vous trouvez dans la même tranche d’âge que les protagonistes, il y a de fortes chances que le visionnage vous provoque une légère mais tenace irritation. La regarder, c’est risquer de se reconnaître dans les petits travers de notre génération ; c’est aussi risquer de voir flotter à la surface nos déceptions et nos échecs.

On pourrait par ailleurs lui reprocher une critique un peu facile de la génération Y (qui d’autre que moi déteste cette expression ?…) soit disant accroc aux réseaux, à son téléphone, à internet. Non, les 20 – 35 ans ne sont pas tous des êtres ultra connectés, puérils, vains et complaisants. Diantre ! Il parait qu’il y a même des gens qui n’ont pas encore de smartphone parmi nous (oui je me sens visée, j’ai moins de 35 ans…). Bref, vous avez compris l’idée.

À noter que Gillian Jacobs – que j’avais adoré dans Community, ou plus récemment dans Girls – est parfaite dans son rôle. Énervante à souhait, elle a ce qu’il faut de folie, de fêlure et de douceur. Et j’ai bien envie de lui piquer ses fringues, son appart et son chat.

Love est une comédie nimbée de pessimisme, qui vous secoue doucement, sans rien révolutionner. Elle n’en reste pas moins intelligemment menée, et parfois même, surprenante. La série est produite par Judd Apatow, qui a également produit l’excellent Freaks and Geeks. Pour les intéressés, une saison 2 est apparemment déjà commandée.

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