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This war of mine : sale guerre

By on 4 mai 2016

Cela va sans dire : il n’y a pas de guerre propre. Dans de nombreux jeux vidéos, la guerre est cependant prétexte à endosser l’uniforme pour aller gaiement éclater la tronche de tous les ennemis qui passent. On manipule un arsenal d’armes, on récupère des munitions, on se planque derrière des bâtiments en ruine, bref on joue à la guerre comme une bande de sales gosses avec leurs épées.

This war is mine se classe dans un genre bien différent. Ici, point de héros, il faut juste survivre jusqu’au prochain lever de soleil.

Dans la guerre moderne… vous mourrez comme un chien sans raison valable. – Ernest Hemingway

L’intro du jeu met de suite dans l’ambiance. Vous incarnez une bande de civils installés dans un squat, au beau milieu d’un conflit moderne dont vous ne savez rien. Le jour, vous aménagez votre repère, et la nuit, vous parcourez la ville à la recherche de matériel, de nourriture et de médicaments.

Au départ, votre squat est un peu vide. Pas de quoi s’asseoir, dormir ou cuisiner. Il va falloir arranger ça. Et, au passage, survivre à la guerre.

Rentrons plus en détail dans la mécanique du jeu. Vous démarrez avec 1 à 4 personnages – il en existe 12 au total. Après avoir démarré un bon nombre de nouvelles parties, vous verrez comme moi que l’on tombe toujours sur les mêmes combos de personnages (c‘est un peu dommage, mais passons). Chaque personnage a des aptitudes particulières, et un nombre de places dans l’inventaire correspondant à son physique (les costauds portent plus, logique). Pour corser un peu les choses, certains personnages ont des addictions – nicotine ou caféine. Par exemple, Roman est un bon combattant, a des tendances violentes quand il déprime, et fume comme un pompier (un charmant garçon, en somme).

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Crédit photo : Steam

La partie débute en été ou en hiver. En hiver, c’est un peu plus hardcore, car il faut se chauffer rapidement si vous ne voulez pas voir vos personnages crever les uns après les autres.

La journée, vous construisez des trucs dans votre baraque lugubre pleine de courants d’air, histoire d’améliorer un peu le quotidien. On commence par des choses utiles (un lit pour dormir, un poêle pour cuisiner), puis en avançant dans le jeu on peut fabriquer des choses plus évoluées, par exemple un atelier pour fabriquer des médicaments et des cigarettes. Et comme c’est la guerre, ce genre de denrées devient monnaie d’échange. Ce que vous fabriquez ou trouvez, vous pouvez le troquer contre du matériel utile ou de la nourriture.

La nuit, vous explorez les différents coins de la carte à la recherche de matériel, en espérant ne pas faire de mauvaises rencontres.

Côté gameplay, on vise un réalisme sombre, austère. Les combats sont criants d’ordinaire. Les personnages blessés traînent la jambe, se plaignent, dépriment, et parfois meurent. Les médicaments et bandages fonctionnent, mais pas toujours. Par ailleurs, le jeu est (volontairement) dépouillé d’artifices inutiles. Il y a peu d’options dans le menu. On ne peut pas avancer ou ralentir le temps. Il n’y a pas de sauvegarde en temps réel : quand vous quittez le jeu, vous reprenez lors du dernier lever de soleil.

En résumé, ce jeu nous plonge dans une guerre moderne où les civils sont les premières victimes. Ici sévit l’injustice, la délation, la peur. Il faut se méfier de tout : des militaires, des milices, des autres civils, et même de la météo…

Perso, j’ai adoré le graphisme du jeu – proche d’une BD -, l’ambiance sombre et le parti pris réaliste du jeu. Vous volez des pauvres civils ? Vous allez probablement vous en vouloir à mort, et finir par vider les fonds de bouteille pour noyer votre chagrin. À l’inverse, si vous aidez quelqu’un, votre moral va remonter en flèche. Ici, il n’y a pas d’action sans conséquence. C’est là toute la difficulté du jeu. Il y a des bourreaux, des victimes, et vous pouvez passer de l’un à l’autre. La guerre ne laisse personne indemne, et vos personnages vont devoir assumer leurs choix.

Enfin, la bande-son est juste géniale, elle vous plonge dans l’ambiance et joue doucement avec vos nerfs…

Certaines personnes trouveront le jeu un peu répétitif. Après avoir survécu à la guerre 3 ou 4 fois avec des équipes et des scénarios différents, on pourrait penser qu’on a fait le tour du truc. Moi, j’y ai joué pendant des semaines entières. Je me suis calmée maintenant hein, mais de temps en temps je rechute, et je recommence une partie. Je dois aimer les trucs répétitifs.

This war of mine se trouve notamment sur Steam, où il est régulièrement soldé. Au cas où ce ne serait pas clair, je vous le conseille très fortement.

Edit du 24/05/16 : Je viens d’apprendre qu’il existe une campagne Kickstarter pour financer un jeu de plateau adapté du jeu vidéo. Le jeu a l’air bien travaillé et respectueux du gameplay, et voici l’article pour tout savoir : www.journaldugamer.com/2016/05/24/a-une-semaine-de-la-fin-de-sa-campagne-faut-il-craquer-pour-le-jeu-de-plateau-this-war-of-mine/

 

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